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Tony et Jordan, les French Twins, sont des maîtres de l'illusion, mêlant magie et technologie pour créer des spectacles incroyables dans le monde entier. Que ce soit lors d'une soirée de luxe à Dubaï, d'un événement d'entreprise aux États-Unis ou d'une réception à Paris, ils apportent une magie moderne et interactive avec des illusions numériques et des hologrammes. Offrez à vos invités une expérience futuriste qu'ils n'oublieront jamais.

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Comment on a construit L'Apparition du CEO, notre numéro corporate le plus booké

The French Twins on stage with a corporate guest seated, performing the CEO Apparition routine.

Troisième épisode de la série founders sur le blog lesfrenchtwins.com. Tony et Jordan sur le numéro qui se book plus que n'importe quelle autre pièce de notre set, qu'on appelle L'Apparition du CEO. Ce que c'est, comment il a été construit, ce qu'on a appris sur environ quarante bookings entre 2019 et 2026.

La prémisse

Un CEO invité monte sur scène. Il se tient devant un panneau LED. Les lumières baissent. Une séquence visuelle tourne sur le panneau et, au bout de quarante-cinq secondes, le CEO apparaît à l'intérieur de l'écran, marche à l'intérieur de l'écran, et réapparaît physiquement sur scène à une autre position. Le public voit un seul humain devenir brièvement deux.

C'est la prémisse. L'exécution demande environ trois ans d'itération, cinq passes logicielles custom, et une leçon spécifique qu'on a apprise à la dure chez un client pharmaceutique allemand en 2021.

L'origine de l'idée

La première version a été construite pour un gala privé Cartier à Monaco en 2019. Le brief de Cartier était spécifique. Ils voulaient quelque chose qui ferait sentir au CEO honoré ce soir-là, qu'on ne nommera pas, que l'événement était, dans ses mots, une soirée une-fois-tous-les-dix-ans. Le producteur du gala nous a demandé si on pouvait mettre le CEO dans une œuvre d'art digitale.

On a dit oui avant de savoir comment. C'est, dans notre expérience, la bonne réponse quand un client demande quelque chose qu'on ne sait pas encore faire. Le oui t'engage. Le travail suit.

La première version du numéro, en 2019, utilisait un fond vert derrière le CEO et une animation pré-rendue. Le public le sentait. Les applaudissements étaient polis. On était embarrassés. On a reconstruit toute la pièce pendant les quatre mois suivants.

La deuxième version

La deuxième version, qu'on a livrée à un sales meeting interne L'Oréal début 2020, utilisait une caméra avec détection de profondeur et un compositor en temps réel. Le CEO était capturé live et rendu dans une scène générée procéduralement. Ça marchait techniquement. Ça ne marchait toujours pas émotionnellement.

La raison pour laquelle ça ne marchait pas émotionnellement, on ne l'a compris que deux mois plus tard, quand un producteur de L'Oréal nous a dit que la salle avait été perdue. Ils étaient perdus sur la question de savoir si le CEO était vraiment dans l'écran ou pas. Le truc était trop propre. La frontière entre la personne live et la personne rendue était invisible. C'est, contre-intuitivement, un problème.

La magie ne marche pas sans l'impossibilité perçue. Si le public ne peut pas dire ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, il ne ressent pas la magie. Il ressent la technologie. Ce sont des sensations différentes.

La troisième version

La troisième version, qui est celle qu'on perform encore en 2026, laisse délibérément un seul battement où le public peut voir le CEO physiquement sur scène en même temps que le CEO est dans l'écran. Le battement dure trois secondes. C'est le moment qui fait fonctionner le numéro.

On accomplit ça avec un stage twin. Un deuxième performer qui a été sur scène tout le temps, habillé d'une manière qui le rend visuellement similaire au CEO sans être un sosie. Le public n'enregistre pas le deuxième performer jusqu'à ce battement de trois secondes. À ce moment-là, le deuxième performer devient le CEO, brièvement, dans la perception du public. Puis il disparaît.

La pièce est, techniquement, un numéro de misdirection construit autour d'un compositor temps réel. On ne détaillera pas le blocking du deuxième performer parce qu'on l'utilise encore sur environ quarante engagements privés par an.

La leçon d'Allemagne

En 2021, lors d'un engagement privé à Munich pour un client pharmaceutique allemand qu'on ne peut pas nommer, le CEO qui était supposé monter sur scène a refusé. On ne nous avait pas prévenus. Il avait décidé dix minutes avant le passage qu'il ne voulait pas être dans le numéro. Le producteur nous a demandé si on pouvait faire la pièce avec quelqu'un d'autre. On avait quatre-vingt-dix secondes pour décider.

On a choisi son chef de cabinet. Elle avait été briefée sur ce qu'il faut faire, par nous, en backup, trois jours avant. On avait un brief backup parce que, en 2021, on avait appris que le principal nommé dans un engagement corporate va parfois refuser à la dernière minute. Le chef de cabinet est montée sur scène. Le numéro a tourné. La salle n'a pas su que le principal avait été le plan d'origine.

Cette leçon, le principal nommé va parfois refuser, fait maintenant partie de chaque contrat qu'on signe. On brief toujours un backup. On a toujours un deuxième preset compositor pour la taille et la teinte de peau du backup. Le backup reçoit une enveloppe backup de deux mille euros pour le dérangement. À chaque fois.

Ce que la pièce coûte

On nous le demande parfois. Soixante mille euros pour la version corporate sans customisation, qui est le package Digital Magic Show STANDARD et qui inclut un set d'ouverture de quinze minutes avec L'Apparition du CEO en closer. Jusqu'à deux cent mille euros pour la version Sur Mesure où le numéro est écrit spécifiquement pour un principal nommé, avec huit semaines de pré-production et un arc narratif custom.

Le coût de production de notre côté représente environ trente pour cent du fee. Le reste, ce sont les années de répétition et les années de versions ratées qui ont mené à la version qui marche. On ne s'excuse pas pour ça. Le fee est le fee.

La filiation

On n'a pas inventé la technologie sous-jacente. Le compositing temps réel existait avant nous. Les caméras avec détection de profondeur existaient avant nous. Le travail de stage twin a été fait par d'autres magiciens, notamment par Marco Tempest dans ses démonstrations TED dans les années 2010, dans un format différent. Ce qu'on a fait, c'est packager les pièces dans une langue scénique qui se lit comme de la magie et pas comme une démonstration technologique. Ce packaging est la pièce de propriété intellectuelle qu'on protège le plus.

On a été sollicités par trois confrères, ces deux dernières années, pour licencier le numéro. On a dit non, trois fois. L'Apparition du CEO est la pièce qu'on veut voir associée à notre nom. Pas licenciée.

Ce qui vient après

On travaille actuellement sur une quatrième version qui intègre la vidéo volumétrique sur le panneau LED à la place du compositing temps réel. La capture volumétrique permet au CEO de marcher à l'intérieur de l'écran sous n'importe quel angle, ce que la version actuelle ne permet pas. Le cycle de développement est d'environ neuf mois. On compte la livrer sur un engagement privé fin 2026.

La quatrième version sera, on l'espère, la version qui sera étudiée. On en écrira ici quand elle sera livrée.

Prochain épisode : le dîner Place Vendôme où Emma Watson nous a dit qu'on était des sorciers, et le désastre technique que le public n'a jamais vu. La semaine prochaine.